En avril 2026, le Défenseur des droits a rendu une décision importante mettant en lumière la notion de victimisation secondaire.
La victimisation secondaire désigne la situation dans laquelle une victime subit un nouveau préjudice, non pas du fait de l’infraction initiale, mais en raison de la manière dont elle est prise en charge par les institutions (police, justice, services publics…).
Selon le Conseil de l’Europe, il s’agit d’une atteinte résultant d’un accompagnement inadapté, de propos déplacés, ou encore d’un défaut d’information.
Une affaire révélatrice
Dans l’affaire examinée, une femme ayant déposé plainte pour viol a été confrontée à plusieurs dysfonctionnements :
L’organisation d’une confrontation malgré son état de vulnérabilité
L’absence d’information sur ses droits, notamment celui d’être assistée
Des questions inappropriées, empreintes de stéréotypes et des propos déplacés remettant en cause sa parole
Un défaut d’information quant au classement sans suite de sa plainte
Le Défenseur des droits considère que l’ensemble de ces éléments caractérise une situation de victimisation secondaire. Cette analyse s’inscrit dans une approche européenne de protection des victimes, notamment portée par le Conseil de l’Europe.
Un rappel des exigences fondamentales
Cette décision souligne l’importance d’adapter les pratiques à la vulnérabilité des victimes, de garantir des auditions respectueuses et dénuées de représentations fabriquées à partir d’idées reçues, ainsi que d’assurer une information claire sur les suites de la procédure
Au-delà du cas d’espèce, elle rappelle que la qualité de la réponse institutionnelle est déterminante : elle ne doit jamais devenir une source supplémentaire de souffrance pour les victimes.
