La parité et la représentation politique

 

L’ordonnance du 21 avril 1944 a rendu les femmes électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes (soit 96 ans après l’adoption du suffrage « universel » direct !). Toutefois, longtemps considérée comme réservée aux hommes, la sphère politique peine à intégrer les femmes. Celles-ci, bien que participantes aux élections politiques, restent très minoritaires parmi les élu.e.s.

  • La France fait partie des nombreux pays n’ayant jamais connu de femme présidente (seulement 2 femmes ont atteint le deuxième tour des présidentielles). A ce jour, Edith Cresson a été la seule femme ayant été premier ministre et son mandat n’a duré que quelques mois (le plus court de toute la V République).
  • En 2017, les femmes ne représentaient que 42% des député.e.s. Ce chiffre est toutefois en augmentation, bien que lente, puisque en 2012, ce chiffre était de 27%, 12.1% en 2002 et 1.7% en 1973. De plus, seulement 16% des maires sont des femmes.
  • Même s’il n’existe pas toujours une corrélation entre le taux de représentation politique et la situation des femmes au quotidien, il convient de noter que la France (à la 47ème place) se trouve loin derrière le Rwanda (63%), la Norvège (39.6%) ou encore le Soudan (30.5%) – données 2016.

Il a fallu attendre la fin des années 90 pour que l’Etat adopte des lois visant à permettre une meilleure représentation politique des femmes. 

  • Le principe d’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives est inscrit dans la Constitution française en 1999.
  • La loi relative à l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives, dite « loi parité hommes-femmes » est votée en janvier 2000, et est appliquée pour la première fois lors des élections municipales et cantonales françaises de mars 2001. Avec cette loi, les partis doivent intégrer sur les listes électorales autant d’hommes que de femmes.
  • Depuis la loi de 2014, ce principe d’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités s’applique dans tous les secteurs de la vie sociale.

Avec la loi dite parité femmes-hommes, les partis politiques doivent intégrer sur les listes électorales autant d’hommes que de femmes. Les partis politiques ne respectant pas un nombre égal de candidatures de femmes et d’hommes aux élections législatives devront payer une pénalisation financière. Malgré tout, cette loi est vivement critiquée. Les parties politiques mettent généralement des hommes en tête de liste ou préfèrent payer ces amendes plutôt que de respecter les quotas.

Par ailleurs, la légitimité des femmes en politique reste sujette à débat comme en témoigne, entre autres, les stéréotypes de genre véhiculés par les discours journalistique et médiatique. Le monde politique étant traditionnellement un univers d’homme, les représentations véhiculées par cette presse ne sont pas sans conséquences sur leur carrière politique. Les femmes politiques se retrouvent face à une double injonction : elles doivent d’un côté se soumettre à la « contrainte de féminité », c’est-à-dire aux attentes liées aux comportements féminins et de l’autre, répondre aux exigences de la vie politique et ses codes masculins. Même si des évolutions sont à noter concernant la place des femmes dans la société et dans le champ politique au cours des dernières décennies (au regard de la loi de 2001 relative à la parité qui a notamment accru le nombre d’élues), les femmes politiques doivent encore aujourd’hui sans cesse légitimer leurs compétences et leur place dans la sphère politique.

 

Pour aller plus loin…

Vous pouvez retrouver notre article « femmes et citoyenneté » pour en savoir plus sur les actions menées sur le territoire afin de développer la capacité d’agir des femmes.

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