Citoyenneté des femmes

La citoyenneté des femmes dans la vie locale : l’exemple des Contrats de ville

 

Les espaces publics sont le reflet  de notre vision de la société et le lieu où nous construisons aussi notre citoyenneté, notre relation aux autres. Désormais, à tous les niveaux, l’égalité femmes/hommes dans leur participation à la vie de la cité est une préoccupation totale des politiques publiques.

On insiste sur le fait que les femmes puissent exercer leur rôle de citoyenne dans la ville et puissent participer activement dans les politiques de la ville autant que les hommes.

Contexte juridique

  • Au niveau international

En 1998, la Déclaration mondiale de l’Union internationale des villes et pouvoirs locaux promeut le rôle des femmes dans le Gouvernement local.

  • Au niveau européen

La Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale donne plusieurs orientations afin que l’égalité femmes/hommes soit, non seulement reconnue légalement, mais effectivement exercée dans tous les aspects de la vie publique locale : politique, économique, social et culturelle. Les autorités locales et régionales, qui sont les sphères de gouvernance les plus proches de la population, représentent les niveaux d’intervention les mieux placés pour promouvoir une société véritablement égalitaire. Cette Charte pose les principes pour que des actions concrètes en faveur de l’égalité femmes/hommes au niveau local soit prises. C’est dans cet esprit que le Conseil des Communes et Régions d’Europe a créé en 2005 un instrument destiné à être utilisé concrètement par les autorités locales et régionales européennes : « la ville pour l’égalité ».

Cette charte contient des orientations pour valoriser le rôle politique des femmes comme par exemple encourager les femmes à s’inscrire sur les listes électorales. Elle contient des préconisations en faveur de la participation active des femmes à la vie politique et civique : reconnaissance du droit des citoyennes à participer à la conduite des affaires publiques ; participation publique par le moyen des comités consultatifs, de conseils de quartiers, d’e-participation ou d’exercices de planification participative, etc.

  • Au niveau national

L’égalité femmes/hommes est l’une des priorités transversales obligatoires des contrats de ville depuis la Loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014. La lutte contre les inégalités de sexe devient un enjeu majeur qui apparaît systématiquement pour chacune des actions dans le cadre des contrats de ville. En application de la Loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014 et de la loi Vallaud-Belkacem du 4 août 2014 « pour une réelle égalité entre les femmes et les hommes », la prise en compte de l’égalité entre les femmes et les hommes relève de la responsabilité conjointe de l’Etat et des collectivités locales. Cette priorité doit  se traduire dans les contrats pour chacun des trois piliers : cohésion sociale, cadre de vie et emploi et développement économique.

Un cadre de référence « Egalité femmes-hommes dans les contrats de ville de nouvelle génération » est également proposé (septembre 2014) qui suit 4 étapes afin de promouvoir l’égalité femmes-hommes dans le cadre local : 1) encourager une approche intégrée de l’égalité femmes-hommes dans l’élaboration du contrat de ville nouvelle génération ; 2) objectiver les inégalités par la production de données sexuées ; 3) développer un plan d’actions ; 4) évaluer les actions mises en œuvre. http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/cadre-de-reference-egalite-femmes-hommes-contrat-de-ville1.pdf

Plus récemment, en mars 2018, le Conseil national des villes (CNV) s’est réuni au Sénat pour un séminaire interne sur la place des femmes dans les espaces publics en quartiers prioritaires.

Application

  • En France

Une expérimentation nationale de marches exploratoires dans 12 villes a été coordonnée par le réseau France médiation, sous l’égide du Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes et du Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Les marches sont des diagnostics d’habitantes pour améliorer l’espace public et citoyen. Cette expérience mise en œuvre entre septembre 2014 et janvier 2016 avait pour objectifs de renforcer la place des femmes dans la démocratie participative locale et l’espace public, améliorer l’environnement urbain des quartiers prioritaires par des changements concrets (proposés par des groupes de marcheuses), favoriser l’utilisation numérique comme outil de citoyenneté.

Les marches ont permis de mobiliser des femmes éloignées des formes traditionnelles de participation et de renforcer le pouvoir d’interpellation des habitantes. La méthodologie des marches exploratoires permet de dépasser la simple consultation citoyenne en associant les habitantes à la coproduction d’un diagnostic et de solutions.

Pour en savoir plus : http://www.francemediation.fr/images/lang/fr/orki/rapport_france_mediation_marches_exploratoires_20_septembre_2016.pdf

L’ADRIC (Agence de Développement des Réalisations Intellectuelles pour la Citoyenneté) mène depuis 2015 un projet de capitalisation des savoirs sur l’accès des femmes et des filles à la citoyenneté. Un séminaire « Femmes et Citoyenneté : Mixité et accès à l’espace public » a été tenu en juin 2017, à Paris, dans l’objectif de penser l’accès des filles/femmes à l’espace public.

  • A Toulouse

Cette volonté de promouvoir la participation des femmes à la vie publique locale se traduit également dans la politique de la Ville de Toulouse. Comme chaque année un appel à projet est lancé dans le but de favoriser l’égalité femmes/hommes. En 2017, l’accent est mis sur la participation citoyenne des femmes. Il s’agit de l’appel à projet « Accroître la présence des femmes dans les espaces publics et favoriser l’accès à l’usage de leurs droits dans la ville ». Ce droit à la ville est un droit essentiel pour la citoyenneté et l’égalité : c’est la capacité à participer activement, c’est-à-dire faire valoir son point de vue et ses besoins concernant le cadre urbain, la qualité des transports, la gestion urbaine, et de circuler librement en toute sécurité, partout dans la ville, de jour comme de nuit.

Au-delà des aménagements,  la meilleure prise en compte des femmes dans l’espace public passe aussi par une question de légitimité et par l’élimination des inégalités sociales et sexuées.

Le projet cible les femmes et/ou les filles résidant en quartiers politique de la ville et/ou en territoires de veille active. La recherche du changement se fera par une participation des bénéficiaires elles-mêmes (empowerment).

Pour en savoir plus : https://nondiscrimination.toulouse.fr/appel-a-projets-accroitre-la-presence-des-femmes-dans-les-espaces-publics-et-favoriser-l-acces-a-l-usage-de-leurs-droits-dans-la-ville

S’inscrit également dans cette logique l’action de l’Association Les femmes d’AB, dont l’objectif est de rendre visible et d’affirmer la place des femmes dans l’espace public. Cette association rappelle comme principes le droit des filles à circuler librement sur la place Arnaud Bernard et toutes les autres, la primauté du droit sur les normes, les traditions, les coutumes, les usages, et l’égalité totale entre les filles et les garçons, entre les femmes et les hommes.

La FFPE a également organisé une marche exploratoire de femmes, avec les habitantes et usagers du quartier de la Gloire en mai 2015. Retrouvez le compte-rendu de la marche exploratoire de femmes.

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